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Les grandes figures du monothéisme souffraient-elles de pathologies mentales

Posté le 30/05/2017

«Si vous parlez à Dieu, vous êtes religieux. Si Dieu vous parle, vous êtes psychotique.» Cette réplique cinglante sort de la bouche de Thomas Szasz. À l’heure où vient de sortir une traduction française de la 5e version du DSM, le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, quel regard médical pourrait-on poser sur les grands personnages de la Bible? Des neurologues et psychiatres américains ont essayé de répondre à cette question dans un article publié en 2012 dans la très sérieuse revue The Journal of Neuropsychiatry and Clinical Neurosciences. Les auteurs ont pris au pied de la lettre les écrits de l’Ancien et du Nouveau Testament afin d’en décortiquer la sémiologie. Voici les diagnostics différentiels de quatre grandes figures bibliques: Abraham, Moïse, Jésus et Saint Paul.

Abraham, le 1er cas de psychose

Abraham est l’un des fondateurs du judaïsme, ainsi que l’un des principaux personnages du christianisme et de l’islam. Durant sa longue vie (175 ans!), le patriarche hébreu aurait eu de nombreux épisodes d’hallucinations mystiques. Dans un épisode célèbre, Dieu lui ordonne de sacrifier son fils. Mais au moment de l’égorger, sa main est stoppée par un ange, et finalement il sacrifie un mouton à la place. À l’origine de nombreux rituels comme la circoncision ou le sacrifice de l'Aïd, ce passage de l'Ancien Testament symbolise la soumission d'Abraham à Dieu. Un épisode d'hallucination visuelle et auditive avec délire mystique et passage à l’acte violent contre son fils, selon les psychiatres médecins américains auteurs de l’article. D’après eux, le patriarche remplit les critères du DSM de la schizophrénie.

«Il faut aussi évoquer la possibilité d’une épilepsie de la région temporale gauche. Ce qui peut provoquer des délires mystiques et donner un tableau quasi identique à la schizophrénie, nuance le Dr Didi Roy, psychiatre et neurologue à l’Hôpital de la Chartreuse à Dijon. Et s’il reste bloqué au moment de frapper son fils, c’est peut-être qu’il s’y associe une épilepsie partielle avec une perte de contact.»

Autre piste des auteurs: une intoxication. Abraham était-il un junky friand de Datura ou d’une autre plante hallucinogène? La Bible ne le précise pas.

 

Moïse est d’abord un enfant abandonné, ce qui laisse des traumatismes psycho-infantiles importants

Comment un psychotique pouvait-il diriger un peuple? Le phénomène de désorganisation de la pensée et la bizarrerie du comportement est présent dans la schizophrénie. Mais il peut être mineur dans la schizophrénie paranoïde ou la paraphrénie et donc ne pas nuire au leadership d’Abraham. De plus, comme l’expliquait cet article paru dans Slate, toutes les cultures n’appréhendent pas les hallucinations de la même manière. Ainsi selon les auteurs, il est tout à fait probable qu’Abraham soit le premier cas de psychose décrit dans la littérature.
 

Moïse, le schizo-affectif

Premier prophète du judaïsme, Moïse lui aussi présente des signes de schizophrénie: de la révélation du buisson ardent à la dictée des tables de la loi, ses hallucinations visuelles et auditives sont multiples. «Moïse est d’abord un enfant abandonné, ce qui laisse des traumatismes psycho-infantiles importants», note le Dr Didi Roy. Après avoir tué un Égyptien, il subit un déclassement social violent: de prince il devient berger dans le désert. «Chez Moïse, les hallucinations arrivent assez tard, à l’âge de 40 ans: on peut donc se poser la question d’une psychose tardive de type psychose hallucinatoire chronique, explique le psychiatre. On peut aussi se poser la question d’un trouble bipolaire avec une manie délirante.» Dans ce trouble en effet l’excitation et l’euphorie peut aller jusqu’au délire et aux hallucinations.

Pour aller dans le sens d’un trouble bipolaire, les auteurs de l’article du Journal of Neuropsychiatry and Clinical Neurosciences notent que le prophète est considéré, selon la tradition, comme l’auteur des cinq premiers livres de la Bible, dicté directement par Dieu. La graphorrhée ou l’impulsivité irrésistible à écrire est aussi un symptôme que l’on retrouve dans plusieurs pathologies. Dans le trouble bipolaire notamment, où la créativité est exacerbée au cours des phases maniaques. Les écrivains sont d’ailleurs plus à risque d’être atteints de bipolarité.

Moïse sait aussi se montrer d’une rare violence. En plus de l'épisode de l'Égyptien, il sacrifie 3.000 adorateurs du veau d’or… Hallucinations, changements brutaux d’humeur, graphorrhée,  les auteurs concluent ainsi à un trouble bipolaire ou à un trouble psychotique associé à un trouble de l’humeur, appelé trouble schizo-affectif.

 Jésus, le dépressif

Le fondateur de la chrétienté est sujet à des hallucinations auditives et visuelles durant les  trois ans de son court magistère. Depuis son baptême par Jean-Baptiste jusqu’à sa mort sur la croix en passant par la tentation du diable dans le désert. Cette dernière, selon les auteurs de l’article, pourrait être due à la faim et des troubles métaboliques après un long jeûne dans le désert. Mais pour le reste de sa vie, il semble que Jésus et les apôtres ne se soient pas privés en banquets. Hallucinations, délires mystiques et mégalomaniaques (il est le fils de Dieu quand même!) peuvent donc s’inscrire dans un trouble psychotique ou un trouble bipolaire. Les auteurs américains penchent plutôt vers le second diagnostic car  à la fin de sa vie, Jésus semble présenter une note dépressive: il explique la nécessité de sa mort et se met en danger de façon délibérée. Un quasi suicide qui semble compatible avec un trouble de l’humeur selon les auteurs.

Marie le survalorise, ce qui pousse à un sentiment de toute-puissance

«Pour moi, c’est clair que Jésus était bipolaire, explique le Dr Didi Roy. Marie est une mère célibataire, son fils est élevé par Joseph qui n’est pas son père. Ce qui explique plus tard sa défense de la femme adultère. Marie le survalorise, ce qui pousse à un sentiment de toute-puissance. Puis on n’entend pas parler de lui jusqu’à l’âge de 30 ans, où il décompense un trouble bipolaire avec des phases maniaques (multiplication des pains), irritabilité (la colère contre les marchands du temple), des hallucinations, un délire de grandeur (fils de dieu), puis une phase dépressive, voire mélancolique avec un suicide par procuration: il se laisse alors prendre alors qu’il aurait pu se sauver.»

Alors Jésus était-il bipolaire? Est-il mort alors qu’il était en phase mélancolique? «Avec des antidépresseurs ou quelques séances d’électrochocs, il aurait pu retrouver une stabilité de l’humeur»,suggèreleDrDidiRoy.
 

Saint Paul, un hystérique?

Le cas de Saint Paul est complexe, notamment l’épisode le plus célèbre de sa vie: sa conversion au christianisme sur le chemin de Damas. Alors qu’il est en route pour persécuter les chrétiens, Saint Paul est aveuglé par un éclair blanc, tombe à terre et entend Jésus lui parler. Il restera aveugle trois jours avant de recouvrer la vue et de se convertir au christianisme. Pour les auteurs de l'article, il s’agirait plutôt d’une conversion hystérique: ce trouble peut mimer ainsi des complications neurologiques sans qu’il y ait de lésions.

La piste de l’épilepsie est aussi évoquée. «Le halo blanc peut être provoqué par une crise d’épilepsie du lobe occipital, situé à l'arrière du cerveau, explique le Dr Didi Roy. Puis la chute a pu provoquer un traumatisme crânien, entraînant un œdème de ce même lobe, ce qui expliquerait la perte de la vue réversible en trois jours. Mais l’accident ischémique transitoire ou l’hémorragie peuvent aussi être envisagés.» Alors hystérique ou épileptique, Saint Paul? Difficile de trancher le cas de celui qui fut l'exportateur du message de Jésus hors de Judée.

Un futur Jésus parmi les psychotiques?

L’article ne s’aventure pas à faire le diagnostic différentiel de Mahomet. Le prophète de l’islam présente lui aussi des symptômes variés: des hallucinations chroniques (schizophrénie? trouble bipolaire?), un halo blanc (épilepsie occipitale?), des douleurs à la tête (migraine? hypertension intracrânienne? tumeur cérébrale?).  Mais l'hypothèse des auteurs reste la même: les grands leaders des religions monothéistes, fondateurs de notre civilisation, ont peut-être souffert de troubles psychotiques ou neurologiques expliquant l’aura qu’ils ont pu avoir sur leur fidèles.

Ce sont peut-être des personnes avec des symptômes psychotiques qui ont eu une influence considérable sur le développement de la civilisation occidentale

«L’épilepsie a probablement joué un rôle dans les religions révélées, explique Jean-Pierre Neidhardt, professeur d’histoire de la médecine à l’université de Lyon-I. Cette maladie était considérée, comme une manifestation de la présence des dieux chez les Grecs et les Romains où elle était considérée comme un mal sacré.»

Le fait que ces figures bibliques aient pu être psychotiques est tout à fait possible pour le Dr Didi Roy: «La population n’a pas tant changé que ça en deux mille ans. Les hommes fonctionnaient comme aujourd’hui, la génétique s’est transmise, les pathologies restent les mêmes, ce qui nous permet de nous projeter dans le passé avec des connaissances d’aujourd’hui», explique le psychiatre. Alors aurions-nous eu toutes ces religions si les neuroleptiques et les antiépileptiques avaient existé il y a deux mille ans? Pas sûr.

Pourtant, le but des deux auteurs semble plus didactique: 

«Nous avons entrepris cette analyse avec l’intention de promouvoir le dialogue sur les limites de l’expérience humaine, expliquent-ils. Il faut éduquer les personnes qui souffrent d’une maladie mentale, et le public en général. Ce sont peut-être des personnes avec des symptômes psychotiques qui ont eu une influence considérable sur le développement de la civilisation occidentale.»

Il s’agit donc moins de décrédibiliser les monothéismes que de réhabiliter les patients souffrant de maladies psychiatriques. Et s’il y avait un futur Jésus parmi eux ?

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L'éveil de la Kundalini

Posté le 21/05/2017

En Inde, la Kundalini est le nom donné à "l’énergie créatrice" de l’Univers, emprisonnée et endormie à la base de la colonne vertébrale au niveau du sacrum. Chez la plupart des gens, une très faible partie seulement de cette énergie circulerait dans le corps et son "réveil" signifierait l’activation de sa circulation. Une fois "réveillée", la Kundalini est ressentie comme remontant à l’intérieur de la colonne vertébrale, traversant et dynamisant au passage, l’un après l’autre, les sept "chakras" principaux: autre concept oriental désignant les centres énergétiques du corps humain. C’est pourquoi, elle est souvent représentée comme un serpent enroulé sur lui-même, qui se dresse progressivement dans l’épine dorsale. Quand le processus aboutit, l’énergie finit par sortir par le sommet du crâne au niveau de la fontanelle. Il s’ensuit un état d’expansion de conscience conduisant à la sensation de faire "un" avec l’Univers, avec le Tout.

Par la suite, la personne peut devenir hautement intuitive et développer des facultés psychiques comme la clairvoyance, la clairaudience, la télépathie et des dons de guérison. Parfois très rapide, ce processus peut également s'étendre sur plusieurs mois, sur plusieurs années, se produire par paliers sans jamais atteindre le sommet du crâne. D’ailleurs, il est rare que le processus aboutisse. On retrouve cette notion de Kundalini sous différentes appellations dans le bouddhisme, le taoïsme ou encore la tradition kabbalistique. Certains théologiens chrétiens ont également établi un parallèle entre le Saint-Esprit des occidentaux et la Kundalini des orientaux.

En Orient, le réveil de la Kundalini est non seulement connu, mais recherché par beaucoup à travers la pratique de techniques ancestrales, comme la méditation et le yoga. Cependant, un "réveil" peut aussi se manifester spontanément à la suite d’un choc émotionnel ou parfois, sans aucune raison apparente.

Concrètement, une montée de Kundalini est souvent accompagnée de manifestations physiques (sensations de chaleur extrême, picotements, vibrations, excitation sexuelle intense, douleurs violentes et récurrentes, etc), de manifestations visuelles (flashs de lumière, figures géométriques colorées, etc.) et auditives (sons bourdonnants, musiques, etc.), ainsi que des mouvements incontrôlables et la prise "instinctive" de certaines positions corporelles.  Ces manifestations sont souvent accompagnées de symptômes psychiques positifs, tel qu’un sentiment de plénitude et de béatitude. Pourtant, selon l’intensité du réveil, les symptômes peuvent être plus ou moins agréables, voire devenir franchement désagréables. 

L’énergie de la Kundalini est souvent ressentie comme un processus de purification intérieure. Elle peut réactiver sur son passage les peurs les plus profondes, des traumatismes anciens ou des blocages psychologiques conduisant parfois ceux qui n’y sont pas préparés ou qui sont mal pris en charge à de graves dérèglements psychiques et psychologiques. Le corps médical se trouve en effet bien emprunté lorsqu’on lui rapporte ce genre de symptômes, d’autant que les symptômes psychologiques ressentis s’apparentent parfois à la schizophrénie.

Cependant, les manifestations énergétiques constituent une vaste gamme de phénomènes physiques, sensoriels et psychiques, qui ne sont pas toujours aussi caractéristiques qu’une montée classique de Kundalini, mais dont la violence peut être tout aussi problématique.

L’expérience de la kundalini est un phénomène inexplicable. Voici un extrait de ce que la kundalini peut apporter à l’humain : « Bien que cette expérience soit inexprimable, on peut en tracer un lointain portrait en la décrivant comme la plus haute perfection de grâce, de beauté, de grandeur, d’harmonie, de paix, d’amour, de ravissement, d’émerveillement et de bonheur, le tout combiné à un tel degré que l’esprit pourrait défaillir sous l’impact prodigieux de l’extase. »

Le mot sanskrit de kundalini signifie « entouré en spirale ».

(Source : Site Outre-vie)

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Vision chamanique de la maladie mentale

Posté le 21/05/2017

Selon la vision chamanique, les maladies mentales indiquent « la naissance d’un guérisseur », explique Patrice Malidoma Somé. Ainsi, on doit considérer les troubles mentaux comme des urgences et des crises spirituelles pour aider le guérisseur lors de sa naissance.Ce qui est perçu comme « un maladie mentale » dans l’Occident est considéré comme « de bonnes nouvelles de l’autre monde » par le peuple de Dagara.

La personne confrontée à la crise a été choisie comme un moyen de communication afin de faire passer un message du monde spirituel à la communauté qui l’entoure. «Les troubles mentaux et toutes les autres sortes de troubles du comportement signalent que deux énergies incompatibles évidentes ont été fusionnées au sein du même concept », explique le Dr Somé. Ces perturbations se produisent lorsque la personne ne reçoit pas d’aide pour faire face à la présence de l’énergie venue du royaume des esprits.Une des choses que Dr Somé a dû affronter lors de son arrivée aux États-Unis en 1980 pour des études supérieures a été de savoir comment ce dernier s’occupe des maladies mentales. Quand l’un de ses collègues a été envoyé dans un hôpital psychiatrique pour « dépression nerveuse », le Dr Somé lui a rendu visite.

«J’étais tellement choqué. C’était la première fois que j’étais confronté à de telles mesures faites aux personnes présentant les mêmes symptômes que certains dans mon village ».

 

Ce qui a frappé le shaman, c’était que l’attention accordée à ces symptômes était basée sur la pathologie, sur l’idée que la condition est quelque chose qui doit s’arrêter. Ça allait totalement à l’encontre de sa culture face à une telle situation. C’était en complète opposition avec la façon dont sa culture percevait une telle situation. Pendant qu’il regardait les chambres désolantes des patients, il a vu que certains portaient des camisoles de force, plusieurs étaient drogués aux médicaments et d’autres criaient. A ce moment-là il s’est dit : «Alors c’est de cette façon que les guérisseurs qui tentent de naître sont traités dans cette culture. Quel gâchis! Quelle tristesse de voir une personne qui s’est enfin alignée avec le pouvoir de l’autre monde être en pure perte. »

En reformulant au sens de l’esprit occidental, nous qui vivons en Occident ne sommes ni formés ni éduqués pour traiter ou même reconnaître l’existence des phénomènes psychiques « le monde spirituel ». En fait, les capacités psychiques sont dénigrées. Lorsque les énergies du monde spirituel émergent dans une psyché occidentale, l’individu présent est complètement dépourvu pour les intégrer ou même reconnaître ce qui se passe.

Le résultat peut être terrifiant. Sans le contexte approprié d’assistance dans le traitement de la percée d’un autre niveau de réalité, à toutes fins pratiques, la personne est « un malade mental ». Le dosage élevé des médicaments antipsychotiques aggrave le problème et empêche l’intégration qui pourrait conduire au développement de l’âme et de la croissance chez la personne qui a reçu ces énergies.

Dans le service psychiatrique, le Dr Somé a vu beaucoup d’ «êtres» en présence des patients et des «entités» qui sont invisibles chez la plupart des gens mais que les shamans et les médiums sont capables de voir. « Ils étaient à l’origine de la crise chez ces gens, » dit-il. Il lui semblait que ces êtres essayaient de faire sortir les médicaments et leurs effets hors du corps et tentaient de fusionner avec

 

en augmentant la douleur des patients dans le processus. « Ces êtres agissaient presque comme une sorte de « dragueur » dans le domaine de l’énergie. Ils étaient vraiment féroces à ce sujet. Les gens chez qui ces êtres faisaient cela criaient et hurlaient », a-t-il dit. Il ne pouvait pas rester dans cet environnement et a dû quitter l’établissement.

Dans la tradition Dagara, la communauté aide la personne à réconcilier les énergies des deux mondes « le monde de l’esprit avec qui elle fusionne avec le village et la communauté. » Cette personne peut alors servir de pont entre les deux mondes et contribue à changer la vie de gens en leur procurant la guérison dont ils ont besoin. Ainsi, la crise spirituelle se termine par la naissance d’un autre guérisseur. « La relation de l’autre monde avec notre monde est l’un des commandites», explique le Shaman.

« Les connaissances et les compétences qui découlent le plus souvent de ce genre de fusion sont en particulier une connaissance ou une compétence venant directement de l’autre monde».

 

Les êtres qui augmentaient la douleur des internés à l’hôpital psychiatrique avaient effectivement tenté de fusionner avec les internés afin de faire passer des messages dans notre monde. Les gens avec qui ils avaient choisi de fusionner n’obtenaient aucune aide pour apprendre à être un pont entre les deux mondes et les tentatives de fusion des êtres ont échoué. Cela a mené à un maintien du trouble initial énergétique et à l’interruption de la naissance d’un guérisseur.

 

« La culture occidentale a toujours ignoré la naissance des guérisseurs », déclare le Dr Somé. « Par conséquent, il y aura toujours une tendance de l’autre monde à continuer d’essayer de fusionner avec autant de personnes que possible dans le but d’attirer l’attention de quelqu’un. Ils doivent s’efforcer davantage. » Les esprits sont attirés par les personnes dont les sens n’ont pas été anesthésiés. « La sensibilité est perçue comme une invitation à venir » a-t-il fait remarquer.

 

Ceux qui développent des troubles dits mentaux sont ceux qui sont sensibles, ce qu’on considère dans la culture occidentale comme de l’hypersensibilité. Les cultures autochtones ne le voient pas de cette façon et, par conséquent, les personnes sensibles ne savent pas trop qu’elles sont sensibles. Dans l’Ouest,

 

«c’est la surcharge de la culture dans laquelle ils sont qui est responsable de leur démolition», observe le shaman. Le rythme effréné, le principe du bombardement sur les sens et l’énergie violente qui caractérise la culture occidentale peut submerger les personnes sensibles.

La schizophrénie et l’énergie spirituelle

Avec la schizophrénie il y a une « réceptivité particulière à un flux d’images et d’informations qui ne peut être contrôlée », a déclaré le Dr Somé. «Quand ce genre de particularité se produit à un moment involontaire, en particulier au moment de l’apparence des diffusions mentales effrayantes, la personne concernée va dans une frénésie. »

Ce qui est nécessaire dans cette situation, c’est de séparer en premier l’énergie de la personne de l’énergie spirituelle externe en utilisant la pratique chamanique (ce qui est connu sous le nom de ‘balayage’) pour éliminer ce dernier de l’aura de la personne. Avec ce nettoyage énergétique, la personne n’est plus apte à recevoir un flot d’informations et donc n’a plus de raison d’être effrayée ou troublée, explique le shaman.

Ensuite, il est possible d’aider la personne à s’aligner avec l’énergie spirituelle tentant de submerger de l’autre monde afin de donner naissance à un guérisseur. Le blocage de cette émergence est la source du problème.

« L’énergie d’un guérisseur est une énergie à haute tension », remarque-t-il. «Quand l’énergie est bloquée, ça brûle la personne. C’est comme un court-circuit qui fait sauter des fusibles. C’est pour cela que ceci peut être très effrayant et je comprends pourquoi certaines cultures préfèrent limiter ces personnes. Dans l’occident ils crient, hurlent et on leur met des camisoles de force. C’est une image triste. « Encore une fois, l’approche chamanique est de travailler sur l’alignement des énergies de façon à ce qu’il n’y ait plus aucun blocage sans faire disjoncter les « fusibles » afin que la personne puisse devenir le guérisseur qu’il est censé être.

 

Il convient de noter à ce stade que tous les êtres spirituels qui entrent dans le champ énergétique d’une personne ne sont pas tous là pour promouvoir la guérison. Il y a aussi des énergies négatives qui sont des présences indésirables pour l’aura. Dans ces cas-là, l’approche chamanique est de les retirer de l’aura plutôt que d’aligner ces énergies discordantes.

Le désir du lien spirituel

Le lien commun que le Dr Somé a remarqué dans les troubles « mentaux » en Occident est «une énergie ancestrale très ancienne placée en stase et qui se manifeste chez la personne concernée. » Son travail est alors de remonter la filière pour découvrir l’identité de cet esprit. Dans la plupart des cas l’esprit est relié à la nature et en particulier avec des montagnes ou des grandes rivières, dit-il.

Un exemple pour expliquer le phénomène des montagnes, « c’est un esprit de la montagne qui marche à côté de la personne choisie et crée ainsi une distorsion spatio-temporelle qui affecte la personne trouvée sous cette emprise. » Ce qui est nécessaire est une fusion ou un alignement des deux énergies « afin que la personne et l’esprit de la montagne ne fassent qu’un ». Encore une fois, le chaman procède à un rituel spécifique pour placer cet alignement.

Le Dr Somé croit qu’il est mis face à cette situation si souvent parce que «la plupart de l’étoffe de ce pays est constituée d’énergie machinale et le résultat de cela est la déconnexion et la rupture avec le passé. Mais personne ne peut échapper au passé ». L’esprit ancestral du monde naturel vient rendre visite. «Ce n’est pas à propos de ce que l’esprit veut ou ce que la personne veut, » dit-il. « L’esprit voit en nous un appel à quelque chose de grand, quelque chose qui va donner un sens à la vie et donc l’esprit répond à cet appel. »

Nous oublions que nous faisons cet appel qui reflète « une forte aspiration à une relation profonde, une connexion qui transcende le matérialisme et la possession des choses et se déplace dans une dimension cosmique tangible. La plupart de ces désirs sont inconscients mais pour les esprits, cet appel conscient ou inconscient ne fait aucune différence ». Ils répondent à l’un ou à l’autre.

Dans le cadre du rituel de fusionnement avec la montagne et l’énergie humaine, ceux qui reçoivent « l’énergie de la montagne » sont envoyés dans une zone montagneuse de leur choix où ils ramassent une pierre qui leur fait appel. Ils ramènent avec eux cette pierre pour le reste du rituel et la gardent comme compagnon, certains ont même emporté leur pierre partout avec eux.

 

« La présence de la pierre fait beaucoup et accorde la faculté de perception chez la personne », note le shaman. « Ils reçoivent toutes sortes d’informations qu’ils peuvent utiliser, c’est comme une obtention d’orientation tangible venue d’un autre monde sur la façon de vivre leur vie. »

Quand il s’agit de « l’énergie de la rivière », ceux qui sont appelés à aller à la rivière, et après avoir parlé à l’esprit de la rivière, trouvent une pierre de l’eau à ramener pour le même genre de rituel que celui avec l’esprit de la montagne.

« Les gens pensent qu’une chose extraordinaire doit se faire dans une situation extraordinaire comme celle-ci », dit-il. Ce n’est pas souvent le cas. Parfois le rituel est aussi simple que le fait de transporter une pierre.

Une approche de rituel sacré à la maladie mentale

Un des cadeaux qu’un shaman peut apporter au monde occidental est d’aider les gens à redécouvrir les rituels, une chose qui est tristement absente dans l’occident. « L’abandon du rituel peut être dévastateur. Du point de vue spirituel, le rituel est inévitable et nécessaire si l’on veut vivre », le Dr Somé écrit dans son livre Ritual: Power, Healing, and Community (des rituels communautaires de guérison). « C’est un euphémisme de dire que les rituels sont nécessaires dans le monde industrialisé. Nous avons vu chez mon peuple qu’il est probablement impossible de vivre une vie saine sans les rituels ». Dr Somé ne pense pas que les rituels traditionnels de son village pourraient simplement être transférés à l’occident donc pendant ces années de travaux chamaniques ici, il a conçu des rituels qui répondent aux besoins larges et différents de cette culture. Bien que les rituels varient en fonction de l’individu ou du groupe concerné, il constate qu’en général certains rituels sont nécessaires.

L’un d’eux consiste à aider les gens qui découvrent que leur détresse provient du fait qu’ils sont «appelés par des êtres d’un autre monde à coopérer avec eux afin de faire un travail de guérison ». Le rituel leur permet de sortir de la détresse et d’accepter cet appel.

Un autre rituel concerne l’initiation. Dans les cultures autochtones à travers le monde, les jeunes sont initiés à l’âge adulte quand ils atteignent un certain âge. L’absence de cette initiation dans l’Occident fait partie de la crise que les gens traversent ici, dit le Dr Somé. Il encourage aussi les communautés à réunir « les idées créatives des personnes qui ont eu ce genre d’expérience dans le but d’arriver à créer une sorte de rituel alternatif qui permettrait au moins de commencer à faire une brèche dans ce genre de crise ».

Un autre rituel consiste à faire un feu de joie en le remplissant « d’éléments symboliques des problèmes envahissants situés à l’intérieur des individus. . . Ça pourrait être des problèmes de colère et de frustration contre un ancêtre qui a laissé un héritage d’assassinat et d’esclavage, un élément lourd à porter pour la descendance », explique-t-il.

 

«Si ceux-ci sont abordés comme des choses qui bloquent l’imagination humaine, le but et l’avis de la personne à propos de la vie peut s’améliorer, alors il est logique de commencer à penser en termes de comment transformer ce blocage dans une manière qui peut conduire à quelque chose de plus créatif et de plus épanouissant ».

 

L’exemple des problèmes engendre un grave dysfonctionnement dans la société occidentale et dans le processus du «déclenchement de l’illumination » chez les participants. Avec une touche ancestrale sur les rituels conçus par le Dr Somé, ces rituels ancestraux visent le dysfonctionnement et la masse à détourner des ancêtres. Certains des esprits qui tentent de venir, comme décrit plus haut, peuvent être –

« des ancêtres voulant fusionner avec un descendant dans une tentative de guérir ce qu’ils n’étaient pas en mesure de faire pendant qu’ils étaient présents physiquement ».

«Si la relation entre les vivants et les morts n’est pas en équilibre, c’est le chaos», dit-il. « Le peuple Dagara croit que si un tel déséquilibre existe, la vie a le devoir de guérir ces ancêtres. Si ces ancêtres ne sont pas guéris, leur énergie malade va hanter les âmes et la psyché de ceux qui doivent les aider ».

Les rituels se concentrent sur la guérison de la relation avec nos ancêtres. Les deux problèmes précis d’un ancêtre individuel sont des problèmes culturels importants qui demeurent dans notre passé. Le Dr Somé Shaman a vu des guérisons extraordinaires se produire pendant ces rituels.

Adopter une approche sacrée au rituel de la maladie mentale plutôt que de considérer la personne comme un cas pathologique, permet à la personne concernée ainsi qu’à la communauté d’ensemble, de commencer à regarder les choses sous un angle différent, ce qui conduit à « une multitude d’opportunités et d’initiatives qui peuvent être fortement bénéfiques pour toutes les personnes présentes », déclare le shaman.

Source  Le point de vue chamanique sur les maladies mentales de Stéphanie Marohn et Malidoma Patrice Somé

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